Le carnet du CFC
Chemin de fer à voie de 0m,60 des Places – Wagons
Le matériel roulant de la voie de
0m,60 de l’Artillerie comporte des wagons à deux essieux de dimensions retreintes :
hauteur au dessus du rail à 0m,50, largeur 0m,70 écartement des essieux
0 m,60 longueur du wagon
1m,83
pouvant circuler dans les courbes de 7m,63
de rayon. Leur poids brut est de 850 kilos et leur force est de 5 tonnes.
Ces wagons s’emploient séparément, ou bien accouplés au moyen d’accessoires, ils constituent, dans ce dernier cas des véhicules à bogies ou trucs, passant avec facilité dans le courbes de
7m,63 et sur les plaques tournantes.
Châssis.
Le châssis en acier est
constitué par 2 longerons réunis par 4 entretoises : deux vers le milieu MM, deux en forme d’arc de cercle EE aux extrémités. Les deux entretoises du milieu sont réunies par un bloc d’acier B percé d’un trou cylindrique ; les faces en contact avec les entretoises et les entretoises elle-mêmes sont percées de 2 fenêtres. Dans le trou du milieu s’engage une
cheville-ouvrière maintenue par une clavette. Cette cheville-ouvrière permet de relier par sa partie supérieure, le wagon à l’accessoire d’accouplement,
support-pivotant ou tablier de truc ; par sa partie inférieure elle est reliée aux tiges des
deux tampons d’attelage, tiges qui traversent les entretoises par des fenêtres ménagées dans ces dernières. Ces fenêtres permettent aux tiges des tampons de s’orienter autour de la cheville-ouvrière et de s’incliner plus ou moins, par rapport à l’axe de la voie.
Les tampons servent pour atteler, refouler et amortir les chocs. L’un des deux tampons de chaque wagon est muni d’un ressort spirale, l’autre est
sec, c’est à dire non muni de ressort. Des chaînes d’attelage servent d’appareils de sûreté.
Le châssis est relié aux boîtes à graisse par un système de ressorts et de
balanciers longitudinaux, mobiles autour d’un axe O fixé au châssis, qui assure une répartition aussi égale que possible du poids sur les 4 roues. Un tel système est représenté schématiquement. Les extrémités C et D des 2 ressorts supportés par les boîtes à graisse E et F sont réunies
par le balancier AB mobile autour d’un axe O fixé au châssis.
Ce système atténue les chocs sur les voies dénivelées et permet aux longerons de prendre par rapport aux rails une inclinaison de 1/8.
Enfin le wagon est muni d’un frein à 4 patins métalliques, agissant sur les 4 roues.
Accessoires.
Les accessoires qui permettent de former avec les wagons précédents des véhicules articulés d’une longueur suffisante pour porter des charges lourdes et encombrantes, sont les
supports pivotants avec barres d’écartement, et les tabliers des
trucs.
Les supports pivotants s’engagent par une lunette sur la cheville-ouvrière des wagons ; ils portent en leur milieu sur une de leurs faces, une manette pour barre d’écartement.
Les barres d’écartement servent à assurer l’écartement invariable de 2 supports pivotants portant les extrémités d’un même fardeau et à transmettre, indépendamment du fardeau, l’effort de traction. La barre d’écartement est formée de 2 parties coulissant l’une dans l’autre et pouvant se fixer l’une à l’autre au moyen d’une clavette, de manière à permettre de donner à la barre
des longueurs différentes, suivant la nature des chargements. Chaque extrémité est munie d’une
menotte qui s’engage dans la manette du support pivotant correspondant.
Deux wagons, munis de supports pivotants et d’une barre d’écartement peuvent
recevoir un fardeau rigide du poids de 10 tonnes.
Si les fardeaux sont de petites dimensions et non susceptibles de se placer sur 2 supports pivotant, on réunit les
deux wagons par
un tablier de truc, sorte de plate-forme de 6 mètres, se reliant aux cheville-ouvrières des 2 wagons. Son poids est de 1800 kilos, sa force de 8 tonnes ; on peut y charger 40 hommes.
Voir pour les détails et l’emploi, le Règlement sur le service du chemin de fer à voie de 0,60m dans la guerre de Siège).