Baguenaude

Baguenaude sur la ligne Val d'Or—Rueil-Docks (Hauts-de-Seine)

MAD

La courte ligne d'environ 2 Km Val d'Or—Rueil-Docks 1 a été créée en 1914 lorsque l'atelier de construction de l'Artillerie 2 de Puteaux trop à l'étroit a acquis les terrains sur le plateau du Mont Valérien au sud-est du fort.
Situé en bord de Seine l'atelier de construction de l'Artillerie de Puteaux fabriquait un modèle de mitrailleuse depuis 1903.

L'atelier de construction de l'Artillerie de Puteaux était situé en bord de Seine, quai National.
Tout le long de la Seine c'était une succession d'usines et leurs cheminées se dressaient vers le ciel. C'était la grande époque de l'industrie.

La ligne prenait naissance au niveau de la gare du Val d'Or sur la commune de St Cloud. 

La passerelle de la gare du Val d'Or enjambait les voies militaires.
Elle a perdu de son charme et l'hôtel-café-restaurant a laissé place à un immeuble minable.
Travaux de mise en accessibilité.

Une voie d'évitement permettait de faire des manœuvres et les trains pouvaient se diriger soit en direction de St Lazare soit vers St Cloud et Versailles/St Nom-la Bretèche.

La gare du Val d'Or avec une rame Standard en direction de St Cloud. À gauche l'embranchement de la voie militaire côté St Lazare avec son tiroir. Elle se raccordait à une troisième voie à quai en gare de Val d'Or.
Au fond le Mont Valérien.
La même vue. La voie des Docks et son tiroir ont disparu, elle se trouvait à droite à la place des Algéco. La troisième voie se raccorde à celle qui se dirige sur St Lazare.
Le Mont Valérien est caché par le grand immeuble construit dans les années 60.
Le B.V. endormi... peut-être même oublié.
Vue en direction de St Cloud à l'extrême droite, l'ancienne plate-forme de la voie des Docks aujourd'hui déposée.

La ligne suivait le chemin d'accès à la SNCF sur la commune de St Cloud puis traversait le boulevard Henri Sellier, passait sur le territoire de Suresnes.

La voie des Docks passait derrière ces immeubles en forme de S allongé qui épousent le tracé de la plate-forme ferroviaire.
Vue de l'autre côté, on voit la croix de St André au droit du boulevard de la République qui est à la limite de St Cloud et Suresnes.
On voit bien les courbes des immeubles entre lesquels se faufile la voie militaire.
Sur le boulevard Henri Sellier le tram 44 (Porte Maillot–Val d’Or) a déjà disparu.
Vue presque identique un demi-siècle plus tard. On reconnaît bien la courbe de l'ancienne plate-forme se dirigeant vers le Val d'Or.

Le tracé sur la commune de Suresnes.

La voie traversait le boulevard de la République et s'engageait en rampe dans le boulevard Louis Loucheur qu'il suivait en accotement droite.

 

La ligne des docks croisait à niveau le tramway qui passait Boulevard Henri Sellier à Suresnes et boulevard de la République sur St Cloud.
À gauche vers les docks, à droite vers le Val d'Or.
© Cliché Société Historique de Suresnes.
Elle s'engageait ensuite dans le boulevard Louis Loucheur. Vue en direction du Val d'Or. Elle passait devant l'ancien magasin central des troupes coloniales (disparu).
© Cliché Société Historique de Suresnes.
rueil-dock33.jpg (36810 octets)
Après avoir coupé la rue de la Tuilerie, la ligne suivait des jardins et terrains vagues en direction du Mont Valérien. Rue de la Poterie
Noter l'alimentation aérienne, type tramway.
© Cliché Société Historique de Suresnes.
rueil-dock37.jpg (39067 octets) La rue de la Poterie aujourd'hui. La voie était sur l'accotement droite.

La voie quittait la voirie municipale pour passer en site propre aujourd'hui rue Albert Caron cette fois en accotement gauche. À cette époque le plateau était encore occupé par des cultures.

La ligne quitte la rue de la poterie et s'engage dans la rue Albert Caron qu'elle suit en accotement droite.
Vue en direction du Val d'Or.
© Cliché Société Historique de Suresnes.
rueil-dock34.jpg (47879 octets) Maintenant.
rueil-dock36.jpg (47162 octets) Vue en direction des Docks.
Rue Édouard Vaillant, (aujourd'hui rue Albert Caron), entrée de la rue de la Procession.
© Cliché Société Historique de Suresnes.
rueil-dock35.jpg (48589 octets) Aujourd'hui rue de la Procession.
Elle continuait le long du Fort du mont Valérien à travers les jardins et terrains vagues. Au fond le Mont Valérien.
© Cliché Société Historique de Suresnes.
Rare cliché du passage du train militaire à Suresnes pris sans doute d'un pavillon de la rue Albert Caron.
Difficile d'identifier la locomotive
dont on ne voit que la cabine.
© Cliché Société Historique de Rueil-Malmaison.

Le tracé sur la commune de Rueil
La voie quittait ensuite Suresnes pour entrer sur la commune de Rueil rue des Houtraits toujours en site propre accotement gauche. Juste avant la place du 8 Mai 1945 il y avait un évitement qui permettait les manoeuvres pour les trois embranchements particuliers rue des Houtraits : Degrémont, les Moteurs Bernard et la Thermolite, une usine de traitement chimique.

L'embranchement particulier de l'usine des Moteurs Bernard rue des Houtraits.
L'embranchement des moteurs Bernard, les vestiges de l'E.P. toujours visible.

Après avoir traversé la place du 8 Mai 1945, la voie atteignait les Docks.

Après avoir traversé la place du 8 Mai 1945, la voie s'engage dans les Docks.
© Cliché Société Historique de Rueil-Malmaison.
rueil-dock38.jpg (86517 octets) L'entrée actuelle a disparu. Elle se trouvait au niveau du mur recouvert de lierre. Les terrains à droite ont été vendu et construits. Le château d'eau a été démoli. La voie restante avec son évitement longe de mur. On distingue encore les toitures des ateliers.

Le tracé dans l'arsenal
À l'intérieur de l'établissement il y avait deux voies. Celle du nord desservait des ateliers. Un évitement précédait cette desserte. L'autre longeait une série de bâtiments et se terminait en impasse après un évitement.

Plan des Docks en 1952 où l'implantation des voies est encore bien visible. Les évitements permettent d'exécuter les manœuvres.
© Document Société Historique de Rueil-Malmaison.
La voie (très peu visible de la porte) longe le mur, elle existe toujours. L'autre passait juste derrière la barrière au premier plan, mais elle a disparu.
Vue aérienne des Docks dans les années 1970.
Représentation approximative de l'implantation des voies ferrées.

En vert l'embranchement de l'usine Bernard et son tiroir.
© Cliché Société Historique de Rueil-Malmaison.

L'arsenal de Rueil construisait des chars ARL 44 fabriqués en petite série.
Ici photographié sur les Champs Élysée le 14 juillet 1951.
© Cliché Société Historique de Rueil-Malmaison.

rueil-dock32.gif (12323 octets)Par ailleurs, il existait la ligne 44 de l'ancienne Compagnie du Chemin de fer du bois de Boulogne (CFBB) fondée le 25 mars 1898 et qui met en service un tramway électrique en janvier 1900 entre la Porte Maillot à Paris et Suresnes (Val d'Or) 4 prolongée jusqu'à Montretout en 1911. 
En 1926 l'armée cède la ligne du chemin de fer des docks. C'est à cette époque qu'elle fut électrifiée et raccordée à la ligne 44 Porte Maillot—St Cloud. 
rueil-dock31.jpg (79098 octets) Un train ouvrier empruntait deux fois par jour la ligne du 44 entre le Val d'Or et le Mont Valérien. 
La ligne des Docks fut exploitée jusqu'à la guerre avec deux motrices G et un attelage A de la S.T.C.R.P. Ce service a été remplacé par un autobus en 1936 lors de la suppression des tramways parisiens 5.

La voie en site propre s'est retrouvée au fil du temps au milieu d'un chemin créé par l'usage puis les habitations se sont développées emprisonnant la voie ferrée dans un tissus urbain.
Il y eut un projet de tramway entre Suresnes et la place du 8 Mai 1945 à Rueil, projet jamais réalisé.
Un accident a été déploré entre les deux guerres. Le train a percuté un autobus, lui arrachant sa plate-forme arrière et faisant des blessés.
Un autre accident eut lieu après la Libération. Un homme eut la jambe sectionnée par le train et le docteur Marc Bombiger (1909-1953) qui en a été témoin a porté secours à l'infortuné en le soignant sur place. Depuis1953 une rue porte son nom en souvenir de son intervention.
La ligne a continué à desservir les embranchements particuliers puis a été supprimée et déferrée dans les années 1970.

Témoignage d'un ancien

Ce sont des souvenirs d'enfance, j'essais d'être le plus vrai et le plus précis possible, mais je me souviens de cette ligne et du passage des trains. C'étaient des locomotives à vapeur. C'était dans les années 40-45 .
Les Cités jardins ont été longtemps le terminus des autobus et il y a eu des projets de tramways, projets communs entre les villes de Rueil et de Suresnes et ça ne s'est pas fait. Cela aurait fait une desserte du plateau de Rueil parce que la gare est très excentrée.

 

Notes :
  • 1  Lors de leur création en 1914, les Docks de Rueil étaient une simple extension de l'atelier de construction de l'Artillerie de Puteaux qui ne pouvait plus s'étendre. Au début leur vocation était le stockage de matériel, puis la voie ferrée a permis leur transformation en arsenal.
  • 2  L'atelier de construction de l'Artillerie construisait depuis 1903 la mitrailleuse. C'est une arme automatique, à tir automatique, fonctionnant par détente des gaz à la bouche. Sa cadence de tir est variable, de 30 à environ 600 coups/minute. Calibre : 8mn. Alimentation par bandes rigides de 25 cartouches.
    De 1940 à 1944
    . L'atelier cesse ses activités et ne les reprend qu'en 1945, d'abord avec l'armée américaine.
  • 3 Bernard reprend la construction de son BT 2 dès 1947 et le fait rapidement évoluer en BT 14, équipé du nouveau moteur W14 de 14 ch. On lui adjoint une version Diesel, le BTD 14. Environ 200 BT 14 sortiront de l'usine de Rueil au cours de la première année de construction, alors que l'on estime à moins d'un millier le nombre de BT 2. 
  • 4 Porte Maillot – boulevard Maillot – boulevard Richard-Wallace – rue de Verdun – Suresnes – boulevard de la République – Saint-Cloud (Val d’Or).
    Cette ligne était initialement exploitée par le CFBB et intégrée à la Société des Transports en Commun de la Région Parisienne (STCRP) en 1921.
    En 1911, un prolongement est mis en service entre le Val d'Or et Saint-Cloud (quartier de Montretout). 
  • 5 le 28 décembre,  la ligne est supprimée et remplacée par des autobus
  • 6 Le matériel roulant est constitué de 
    • motrices à essieux,  puis de motrices à bogies
    • de remorques à essieux fermées,  de remorques à essieux ouvertes, de remorques à bogies.  

Sources :

  • Société Historique de Rueil-Malmaison
  • Société Historique de Suresnes
  • AMTUIR
  • Wikipedia
  • Service Historique de la Défense - Centre des archives de l'Armement et du personnel de Châtellerault

Sites :

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